Toujours plus haut, toujours plus froid !!!

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Après les Eléphants, une autre hivernale se pointe au Nord : la Batavierentreffen, aux Pays Bas, organisée par le Moto-Club de Zevenaar près d’Arnheim. Là encore il n’y a pas de photo. Michel avait bien emmené son appareil mais il n’a pas supporté le gel et l’humidité. Lui qui voulait tant ramener des photos de moulins hollandais, il en a été pour ses frais ; au développement, la pellicule est vierge comme, heu ? , bref, il n’y a rien dessus.

 

Nous partons de chez Ehrminger comme souvent mais comme certains travaillent, nous y allons en deux groupes, un le samedi matin, l’autre l’après- midi. Nous avons essayé d’être pratiques et Henri nous a procuré une grande tente de 14 places. Impossible de mettre tout cet attirail sur une moto, nus décidons donc de partager le matériel. Ceux qui partent le matin emporteront le double toit, les autres la tente elle-même.

 

Samedi matin huit heures. Petit à petit les motards arrivent :  Michel Crenn, Gérard, Michel et René Birembaut, Jean-Marie, Stan, Mao, François et ma pomme. Il fait beau à Forbach, presque printanier mais nous nous équipons toute de même pour affronter le froid.

 

L’après –midi, Danny Eloy avec la Mouche, Patrick Kipper, Christian, Franz, Arsène. Je pense n’avoir oublié personne (si c’était le ca merci de m’en faire part afin que la version finale de ce compte – rendu soit le plus exact possible…..)

 

Le premier groupe arrivera vers 16 heures à Zevenaar. On a traversé l’Allemagne et rejoint la Hollande via Aachen. Il fait froid, très froid et le vent qui souffle sur les chaînes de montagnes du plat pays, ne trouvant aucun obstacle nous oblige à adopter une position de conduite penchée… même en ligne droite. Quand nous nous arrêtons pour satisfaire un besoin naturel, ou pour fumer un clope nous choisissons les grands fossés qui bordent les routes et nous abritent un peu du vent.

 

Il fait déjà nuit à Zevenaar. Le temps de s’inscrire, de se sustenter nous choisissons un endroit pour monter la tente. Problème, nous n’avons que le double toit. Pas grave, l’autre groupe devrait arriver avec le reste du matériel et nous aurons tout loisir de la monter (la tente).

 

Dans la grande salle qui sert de réfectoire et de réception, nous assistons à un concert rock. Quand il est l’heure d’aller nous coucher, toujours pas de deuxième groupe donc pas de tente. Nous décidons de monter le double toit afin d’au moins être abrités en cas de pluie ou de neige. Une vraie maison des courants d’air. Ca caille, mais ça caille !!. Nous gardons nos combinaisons dans nos duvets mais rien n’y fait. Au petit matin, nous nous réveillons bien avant le lever du jour et là, à cinq mètres de nous, une tente a été montée… sans double toit. Nos amis sont arrivés au cours de la nuit, ne nous trouvant pas, ils ont monté le reste de la tente juste à côté de nous. Nous réveillons tout ce petit monde… un café, un coup de schnapps et tout va déjà mieux. On apprend que nos amis ont perdu un peu de temps car l’un d’entre eux a chuté peu après Sarrebruck, sans gravité heureusement et qu’un optimiste, qui était venu au rendez-vous en petite chemise et lunettes de soleil avait dû aller se rhabiller… véridique !!!!

 

Nous passons la matinée à faire connaissance avec un groupe de motards parisien qui a fait le déplacement, avec des motards allemands, belges, hollandais et anglais. Il y a près de 400 motards sur place, pour une hivernale, une vraie, c’est pas mal. Surtout ne pas oublier la médaille qui représente un Batave, communauté germanique primitive qui a peuplé les pays – bas.

 

Après le repas de midi, nous reprenons la route, la Béhème devant car elle connaît le chemin. Nous passons cette fois par la Belgique et le Luxembourg. Il fait toujours aussi froid, une pluie fine vient de temps en temps agrémenter la sauce. Nous nous arrêtons souvent et nos passages dans les troquets en Belgique laissent un souvenir impérissable aux gérants et aux clients. Il manque souvent quelques cendriers après notre départ. La nuit tombe rapidement et nous décidons d’accélérer le mouvement. A l’entrée de Luxembourg ville, une voiture me colle au train avec un mec qui agite une espèce de lampe bleue. « Qu’est-ce qu’il veut celui-là ? Voudrait pas me doubler quand même ?! » J’accélère et tout le groupe attaque la ville à 140. La voiture nous double, pleine de gyrophares et de deux- tons. Il faut se rendre à l’évidence : c’est la Police luxembourgeoise. Nous nous arrêtons. «  Vous êtes des chauffards, Messieurs et ce que vous avez  fait est très grave, vous avez franchi la frontière entre la Belgique et le Luxembourg sans vous arrêter, vous roulez comme des fous et en plus vous refusez de vous arrêter à la demande de la Police ». Il est vrai que nous avons franchi la frontière sans nous en rendre compte.. Ça fait beaucoup pour un seul homme ! Nous négocions tant bien que mal et les policiers nos infligent une amende à tous : 12 francs français chacun. Malheureusement les poches sont presque vides et nous avons bien du mal à récolter cette somme sans laquelle les policiers nous menacent de ne pas nous laisser partir. Nous sommes sauvés par nos amis qui sont partis en voiture et qui arrivent une dizaine de minutes après nous. Ils sont ce qu’il faut pour nous dépanner. Nous réglons l’amende et avant de nous laisser partir le policier nous conseille de faire très attention, nous avons été signalés et « Il y a beaucoup de contrôle jusqu’à la France… ».

 

Nous regagnons Forbach par l’Allemagne, via Sarrebruck et terminons notre épopée dans un des derniers cafés encore ouverts. Encore une de ces belles aventures pour lesquelles j’aurais bien aimé avoir des photos. J’ai contacté le club de Zevenaar ; ils se souviennent de nous mais ne disposent eux non plus d’aucune photo. Comme à chaque fois je relancerai un appel à ceux qui nous lisent ; si quelqu’un a des photos qu’il veuille bien nous les prêter. Merci d’avance.

 

 

NDLR : je suis preneur des rectifications ou ajouts pour l'article final qui viendra illustrer notre livre....