Les contes de l'Apéro

Chapitre  Premier

Le comte de Roswel et la petite fille du Comte Domenico Agusta

Titre second : " Je l'aurai un jour, je l'aurai !"

 

Un peu comme pour Obélix et la potion magique, Franz est tombé dans la moto dès son plus jeune âge.

Après s 'être essayé sur des antiquités d'après guerre, il ne tarda pas à succomber aux charmes malins de ces nouvelles motos aux yeux bridés, parées des meilleurs atours, qui commencèrent à envahir le marché européen dès la moitié des années soixante du siècle dernier, reléguant ainsi au second rang, des décennies de production européenne de l'objet de nos passions. L'avenir nous démontrera que cette hégémonie durerait près de 30 ans.....

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Entouré d'une bande d'urluberlus déjantés, le début des années soixante dix ( du même siècle) sera pour lui la découverte de la  révélation divine en la personne d'un Saint Giacomo qui, au guidon de motos concoctées par le comte Agusta, régnait en maître incontesté sur le Continental Circus...

De grands prix en grands prix, la dévotion pour ce saint coureur n'eut d'égale que celle pour ses machines, ma foi fort jolies et performantes mais inabordables pour nos budgets...

Ile ne restait alors au Comte de Roswel que le rêve et l'espoir qu'un jour , béni par Sainte Gamelle, il accéderait au  Nirvana.

Et, ces mots, qui furent, à tort,  attribués à un groupe d'assurances connu, le hantent depuis bientôt 40 ans : " Je l'aurai un jour, je l'aurai !".

Chacun sait que le désir de posséder l'inaccessible est proportionnel à la frustration qu'il engendre.

La sagesse l'ayant atteint, notre comte de Roswel entama réellement la quête de son Graal au début des années 2000.

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Il dut, d'abord, se contenter de MV Agusta au 12ème ou au 18ème, glanées deci - delà dans des bourses ou des magasins spécialisés.

Une visite chez l'un de nos amis qui côtoie les Dieux dans le Nord Alsacien lui donna le "coût" de grâce et telle, attisée par la foudre, sa passion  fut multipliée par un nombre incalculable de X.

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Elle devint même maladive, au point de lui grignoter ses nuits et de lui faire renier petit à petit, ces belles et enivrantes geishas qui malgré leurs efforts pour ressembler à la petite fille Agusta, n'arrivent plus à enlever cette obsession de son esprit.

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Jour sacro saint que ce dimanche 26 juin 2011,  mais chargé aussi de désillusion.

Sous un soleil de plomb, accompagné de fidèles compagnons, notre comte s'en partait en Alsacie pour essayer une Brutale à l'apparence bienveillante pourtant, dans sa belle robe rouge et ses échappements dressés vers les cieux.

L'essai fut concluant, Franz, Comte de Roswel, dompta la Brutale qui, vexée se vengea en interdisant à son maître de se séparer d'elle.

Malgré moult négociations, l'homme qui parle à l'oreille de Dieu en lui demandant s'il veut bien rentrer à la maison, resta de marbre. 

Point dépité pour autant, mais ragaillardi dans sa volonté d'arriver à son but, le Comte de Roswel retourna vers ses terres natales,  moralement soutenus par ses fidèles accompagnateurs.

Tout au long du chemin, un peu distrait, il fit des incantations à Saint Boncoin, Saint Mobilepoint D é, Saint Findling et Saint Etcaetéra....

Gageons qu'un jour et c'est ce que tous nous lui souhaitons, que son rêve se réalise, car, souhaitant mourir de son vivant, il espère posséder la belle avant cette cruelle échéance. L'Ankou veille, mais l'Ankou n'est point enfant de salaud ........

Oyez !! vous braves gens qui lisez ce pâle conte de l'Apéro, si d'aventure vous saviez une belle italienne à céder, de grâce faites en nous part que nous assouvissions les désirs de notre ami.....

Merci pour lui.