CHAPITRE XXVI

Les années "Plein pots"

Les années 60, c’est les années folles, la pop musique, les Beatles, les Stones, Johnny Halliday, les Beatniks…les Hyppies,les cheveux longs, les mini   jupes à ras d'la.., la marie –jeanne, l’apogée de la moto avec l’arrivée triomphante des japonaises qui vont donner du fil à retordre aux anglaises, allemandes et autres italiennes…

Un vent de liberté souffle sur la France.

Pour la plupart dans le bassin houiller lorrain, pour certain en Normandie, ceux qui un jour vont se retrouver au sein du Moto – Club de Forbach, les futurs Motosapiens, sont encore des potaches ou commencent tout juste à connaître le monde du travail.

Les sixties s’apprêtent à laisser place aux seventies.

1968, joli mois de mai !! C’est la révolution, la grande grève qui va paralyser la France entière.

L’un des  maillons du futur clan, un Havrais,  profite de cet été pour venir s’installer à Forbach.

Rapidement il se trouve baigné dans le monde de la moto. Le moto – club de Forbach se réunit régulièrement à l’hôtel "National".

Il y a là pas mal d’anciens et la principale activité développée est le moto-cross. Il y a bien quelques velléités de vitesse mais de peu d’envergure.

La relève est assurée…

A Spicheren, Petite Rosselle, Forbach, Stiring, Folkling, Behren, Blâmont,  la génération des fifties s’équipe en motos et on verra fleurir quelques 250, 350, 450, 500, 750 Honda, Norton Atlas, 125 Yamaha, 350 Aermacchi, 500 BMW, 650 BSA, 350 Ducati, 500 Kawasaki,  750 Laverda, 750 Suzuki GT, . Elles viennent s’ajouter aux 125 Peugeot, 500 Monet –Goyon, Norton S88, Triumph Bonneville, R 69 S, 250 NSU et autres Matchless qui hantent déjà et encore,  les rues du Bassin Houiller.

Il y a ceux qui bossent déjà chez Dorf, aux HBL, à Burbach où dans d’autres entreprises du coin et, il y a ceux qui sont encore à user leur jeans sur les bancs des bahuts du coin…

Il y a un endroit au centre ville de Forbach où le hasard fait qu’à un moment, ces motards issus de milieux souvent très différents, vont se retrouver, sympathiser et creuser les fondations d’un groupe dont de nombreux éléments resteront amis encore quarante ans plus tard.

Il s’agit d’un troquet avec terrasse , « Chez Monsieur Minger ». Cet endroit,

deviendra le QG de tout ce que le coin compte de motards. C’est de là que partiront de nombreuses virées qui mèneront nos Motosapiens dans toute l’Europe…. Et ça va moufler !!

Stan, Danny, Henri, Franz, Doumé, Krapps, Michel, Jimmy, Christian, Warpomme, Arsène, Gemini, les frangins bière en boîte, le grand Krapps, le Notaire, Grenouille, Nounours, les Lelong, Wibaut, Alain le boxeur, le Yéti, Yves, François, Tracteur,  l’Krell, l’Brabant, Kippeur, Mulleur, Toto, Kapfeur, Raymond et les dames :  Pathy, la Kata, Stroubi, la Nicole, la Mouche, Annick, Solange, la Puce, Brigitte, Marie-Anne et la liste n’est pas exhaustive, vont se côtoyer pendant plusieurs années.

(NDLR : que ceux qui ont été oubliés par inadvertance m’en excuse ; ceux qui ont été oublié volontairement ne valent certainement pas le coup qu’on se souvienne d’eux).

Les années 71,72 et 73 seront sans doute les plus animées avec de nombreuses sorties, fêtes en tout genre et leur lot de tristesse.

Les hivers 71 et 72 seront catastrophiques avec de nombreuses chutes et accidents mortels. Les années suivantes laisseront un goût amer avec la disparition de Henri et Stan.

Le moto – club de Forbach connaît ses grandes années avec l’organisation de moto- cross au Kaninchenberg, sa participation au championnat de  France des concentrations, des virées formidables : les Eléphants, la Batavieren Treffen, Les Cathares, les Chamois, les Mamouths, les Milles Vaches ; l’Ankou, Charade, l’Elan, Sens, Grenoble, Troyes, Montargis ( la plus mouillée), les grands prix de Spa, Nürburgring, Hockenheim, Paul Ricard, Charade, Assen, le Bol d’Or à  Monthléry, les 24 heures de Liège… il est impossible de toutes les citer d’autant plus que Schneckeffifi continue à se morfondre dans son coin !!!

L’ambiance au sein du groupe est formidable… On peut encore se permettre de se tirer des bourres mémorables.

Ça finit parfois dans l’agriculture mais c’est rarement grave.

Le Schalkenthal, la Frohmul, le col de Saverne, le col du Donon avec sa truite enchantée, les petites routes des Vosges du Nord, du pays de Sarrebourg sont autant de terrains de jeu transformés en piste de vitesse temporaire où, chacun tente d’imiter les idoles du moment, Findlay, Ago, Read, Ravel, Ivy, Hailwood, Redmann, Saarinen,Sheene, Braun, Nieto, Cecotto,  Pasolini, Offenstadt, Rougerie, De Vries, Duhamel, Pons, Lansivuori et tant d’autres…

Bon on va s’arrêter là, ce d’autant  qu’il y en a un qui écrit l’ histoire du moto – club et qui va pas aimer si on dit tout ici, alors que ça n’en n’est pas l’objet !

Warpomme qui comme vous le savez est originaire du Havre, propose à  ses potes de participer à la concentre du Havre en juin 1972.

Et voilà nos compères partis sans le savoir à la rencontre de Schneckeffifi !

Le rassemblement du havre a lieu sur les hauteurs de la ville, sur un immense terrain vague eu centre de la cité de Caucriauville, entre les barres d’immeubles joyaux du modernisme urbain des années soixante.

Les Motosapiens et notamment Stan, Michel, Doumé, Jimmy et Warpomme y ont installé leur tente et, comme de coutume, se mettent en quête de bois pour alimenter ce feu qui devra brûler une grande partie de la nuit.

Le descendant du Comte de Rüschlingen découvre un énorme morceau qui devrait faire l’affaire, pour une bonne partie de la soirée.

Alors que la hache destructrice va s’abattre sur le tronc frémissant, Doumé entend une voix qui lui crie suppliante : «  Non !!! arrêtez vous, je suis vivant, je suis Schneckeffifi ou Tristan si vous préférez ! J’ai connu votre aïeul et ceux de vos potes. Par pitié ne me découpez pas alors que je viens de vous retrouver. Cela fait des années que je vous attend »

Doumé n’en crois pas ses oreilles et ramène en entier ce morceau de bois afin de le soumettre à ses potes et s’assurer qu’il a bien tout compris alors que personne n’a encore trop bu .

Et là, stupéfaction, le morceau de bois s’adresse au groupe, confirmant les dires de Doumé. Schneckeffifi est alors mis debout et honoré comme il se doit. Commence alors pour lui et surtout pour ses inventeurs, une autre et  longue histoire…

Découverte de Schneckeffifi au Havre

Castors_Le_Havre

Le_Havre_3

D'étranges rites ont alors  lieu en présence du fabuleux morceau d'arbre...????