CHAPITRE XXV

L’équipage de la Tourmente poursuit sa route vers l’Est ; irrésistiblement attiré par les odeurs de Kèseukourreu, choucroute et autre quiche.

Le commandant du régiment a bien du mal à maîtriser cette bande d’originaux qui prennent les champs de bataille pour des pistes de vitesse, se tirent des bourres avec les petits copains encerclent l’ennemi à eux seuls, détruisent quelques chars et disparaissent dans la nature.

Leur véhicule est un TD M10 fourni par les ricains ; un 12 cylindres en V de 14 litres qui tourne à 2100 tours, consomme 118 l aux cent kilomètres, pèse 30 tonnes pour une puissance initiale de 375 chevaux.

Je précise initiale car  c’était sans compter sur les réglages et améliorations personnalisés de Crappo qui, en changeant deux ou trois gicleurs, modifiant les rapport de boîte et bricolant deux trois trucs de son secret a porté la puissance à plus de 450 cv, faisant passer la vitesse de pointe de 48 à 83 km/h.

C’est quelque - chose que de voir le mastodonte  faire crisser ses chenilles au démarrage, le canon au bleu, l’avant en l’air, et une bande de fous les cheveux au vent dans la tourelle cabriolet, hurlant   des trucs que nous ne pouvons répéter ici sous peine de censure…

Nanti d’un tel engin aux performances inédites pour l’époque, ils hantent les pensées de l’armée teutonne qui signale leur présence partout, à Strasbourg, Dijon, Sedan, Marseille en passant par Willgottheim.

Leur réputation les précède souvent et c’est par centaines, des fois, que les fantassins ennemis se rendent à leur arrivée ne sachant pas que ça fait belle lurette qu’ils n’ont plus un obus les ayant remplacés dans la tourelle par des fûts de bière, des bonbonnes de Schnaps et autres victuailles qui leur ont été offertes de ci de là.

Le 21 janvier 1945, alors qu’ils ont pris un peu d’avance sur la division, Ruchlain qui est  à fond des manettes, fait un tout droit près du Rhin et se retrouve en Allemagne, en plein dans les lignes ennemies. Loin de s’arrêter, le char poursuit sa route jusqu’à ce qu’une petite voix venue dont ne sait où leur dise : « Faites demi tour dès que possible »  !??

Freinage en catastrophe, dérapage contrôlé et voilà notre équipage qui dans le dos des fridolins, prend à lui seul une partie de l’armée allemande en tenaille et du même coup libère un bataillon de tirailleurs encerclé près de Killstett. Au passage ils font une centaine de prisonniers.

Les Résisapiens prennent alors les choses en main et décident de ne pas s’arrêter en si bon chemin.

Après avoir libéré Strasbourg, ce qui retire une épine du pied à Leclerc qui en avait fait le serment à Koufra, ils traversent, un jour de mai, l’Allemagne nazie en une nuit, montent au nid d’aigle à Berchtesgaden et ayant fait place nette, propose à Adolf d’aller se faire pendre ailleurs.

Le 6 mai les Allemands en ont assez de faire des cauchemars résisapiens et déposent les armes.

Les livres d’histoire n’évoquent pas, bien sûr,  ces hauts faits d’arme qui ont été attribué par la presse maléfique de l’époque à d’autres ; pourtant, si les résisapiens n’avaient pas été là,  nous serions tous en Germany à parler le je ne sais quoi, à saluer je ne sais qui.

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Le 14 juillet nos amis défilent à Paris sur les champs et en profitent pour se défiler abandonnant la Tourmente à la Bastille et empruntent quelques bécanes et sides qui ont été abandonnés par les ex occupants.

Dans l’euphorie,  Schneckeffifi est oublié sur le glacis du char et voit avec effroi ses tuteurs s’en aller vers l’Est à toutes berzingues…..

La guerre est finie, du moins celle là. Schneckeffifi se retrouve avec le char, sur un train de marchandise qui emmène la Tourmente et d’autres vieilles gloires aux fonderies du Havre pour y être transformés en acier à bateau pour les chantiers navals. On achève bien les chevaux !

Il finit sur un immense tas de bois sur une aire de stockage sur les hauteurs de la ville à un endroit qui plus tard verra naître le quartier de Caucriauville…..

Nos sept gais lurons ont regagné quant à eux, un coin de Moselle où ils continuent paisiblement leur vie, allant renforcer les rangs des mineurs de fond aux houillères du bassin de Lorraine ou ceux de la sidérurgie du pays haut.

En Moselle, à Forbach, se crée au début des années 50, un moto – club. Il dispose d’un terrain de moto – cross, à Petite Rosselle où sont organisées des compétitions d’un niveau international et sur lequel viendront en découdre des champions de France, d’Europe et du Monde.

A cette époque, ce sport est très populaire ainsi que la pratique de la moto qui reste un moyen de locomotion peu onéreux…

C’est à cette période que naissent plusieurs beaux bébés dont l’histoire deviendra commune au début des années 70.

Pendant ce temps là, Shneckeffifi se morfond sur sont tas de bois, face à la mer……

To be continued