CHAPITRE XXI

L'incroyable vérité

En cette fin de 18ème, la vie de bûche n’est pas de tout repos.

Il y a toujours le risque de se faire martyriser par un bûcheron, de finir dans une cheminée ou d’être transformé en meuble ou autre sabot !!

A chaque fois qu’il y a danger, Schneckeffifi use de la seule arme dont il dispose : sa voix.

Dans sa dorf intérieure il se marre à les voir détalercomme des lapins, ces gens de passage, quand ils entendent des voix dans la forêt !

D’ailleurs très vite la forêt a la réputation d’être hantée ce qui permet à notre ami d’être tranquille et de ne pas trop risquer pour son écorce.

Toutefois, il est inquiet. Les paroles de la sorcière Témoicka ne l’ont pas vraiment rassuré. OK, il va vivre de nouvelles aventures, ce qui veut dire dans l’absolu, qu’il ne devrait pas terminer dans une cheminée ou comme ornement quelconque ( quoique !!). Mais une question le turlupine ( de chwall !) :  « comment faire pour bouger d’ici ? Ne va t’il pas pourrir sur place ? Qui répondra à ses appels de détresse ? »

1789 est passé par là… La révolution a un peu plus participé au délabrement du château, symbole de la noblesse.

1800 pointe son nez et notre ami qui n’a pas pris racines, attend toujours, saison après saison ; bûche glacée en hiver, acné au printemps, rousseur à l’automne….

Soudain, les événements se bousculent. Le 28 juin 1804, vers 23 heures 46, un faisceau lumineux se dirige sur lui. Schneckeffifi ne comprend pas cette nouvelle magie qui vient du ciel. Un chariot volant se trouve au dessus de lui !

« Encore une invention infernale d’un des fillauds de Kaptain Krapps pense t-il »

La lumière dégagée par cet engin volant qu’il n’arrive pas à identifier est si intense qu’il craint de devenir aveugle.

Il a juste le temps d’esquisser un cri que déjà, un filin l’a accroché et le propulse à l’intérieur du carrosse volant .

Schneckeffifi n’en croit pas ses yeux ! Il découvre des êtres bizarres qui l’observent. Ils ont une grosse tête en forme de goutte d’eau,une queue de cheval, trois doigts à ce qu’il imagine être leurs mains, ne portent pas d’habits, sont de couleur vert pâle, parlent un langage qu’il ne comprend pas.

Il sent une forte poussée qui le fait presque s’évanouir. Cela ne semble pas affecter ses ravisseurs qui l’observent avec des instruments bizarres.

Par l’une des fenêtres rondes qui couvrent l’engin sur 360 degrés, Schneckeffifi voit son château d’en haut, puis rapidement s’aperçoit qu’il se trouve suffisamment haut pour apercevoir la Terre au loin.

Il ne comprend pas ce qui lui arrive.

Un des membres de l’équipage, le plus grand qui paraît être le chef, s’approche de lui et alors que Schneckeffifi ne remarque aucune bouche sur son visage, il s’adresse à lui en vieux françoé.

« N’ayez pas peur ami terrien. Nous venons de la planète Motus, elle même satellite de la planète Sapius. Notre peuple les Motusapiusiens, explore l’univers à la recherche d’autres êtres vivants. Nous avons entendu vos gémissements en passant au dessus de l’endroit où on vous a trouvé. Et comme nous voulions savoir à quoi ressemblent les fillauds de nos ancêtres, nous vous avons capturé pour le savoir »

Le regard étonné de Schneckeffifi invite son interlocuteur à lui préciser :  « je vois que vous ne savez rien de vos ancêtres !! »

« Il y a des milliers de Motus (NDLR. En effet, là haut, les mois se calculent en Motus comme nous le faisons en Lunes sur Terre) des êtres venus de la planète bleue, la vôtre, ont colonisé Motus et mis les habitants en esclavage. Pour qu’ils ne revendiquent rien, il leur ont cousu ce qui servait de bouches ( NDLR :d’où l’expression « Motus et bouche  cousue »).

Il y a eu des croisements avec nos femelles et cela a donné naissance aux Motusapiusiens tels que vous nous voyez. Après des années de joug, les Motusapiusiens ont réussi à se libérer de ces colons qui ont du fuir vers d’autres planètes.

Cependant nous ne savions pas à quoi les habitants de la Terre ressemblent car à l’époque rien n’a été écrit. A vrai dire nous n’imaginions pas les habitants de la Terre comme ça ! Et si je parle votre langue c'est parce que notre cerveau, qui est dix fois plus développé que le vôtre, a enregistré tous les souvenirs des Terriens qui sont venus sur Motus »

Schneckeffifi se lance alors dans une longue explication pour démontrer à ses ravisseurs que les habitants de la Terre ne lui ressemblent pas du tout et il leur raconte toutes les aventures que vous connaissez déjà.

Dubitatif et rassurés à la fois, les Motusapiusiens décident de redescendre sur Terre pour se rendre compte de visu des affirmations de leur hôte. Ce constat étant fait ils proposent à Schneckeffifi de le déposer où il veut sachant que cela ne leur prendra que quelques secondes.

Il choisit alors un pays chaud, où il ne pleut que sur les cons, un pays où il est sûr de ne pas servir de bois de chauffage. Quelques instants plus tard, il se retrouve dans un champ planté de cailloux debout, pas loin de l’Atlantique en terre d’Armorique….

To be continued

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