CHAPITRE 17

Le collier de la reine

Tristan décide de s’attarder quelques années en terre royale car, après tout, on doit pouvoir y rencontrer des gens de bonne compagnie.

Un soir de 1624 alors qu’il se promène au centre de CHAMBORD, montant son fier ardennais de destrier, il croise un cavalier et, sans prendre garde, le frôle au point de lui toucher les étriers.

Celui - ci en  prend semble t-il, ombrage  et s’écrie en direction de Tristan : «  Hé l’étranger, il faudra me rendre justice de cet affront, je te somme en duel , ce soir à la tombée du jour près des douves du château, ton arme sera la mienne »

Tristan accepte ce duel sans trop comprendre la susceptibilité de ce cavalier qui ma foi semblait de bonne allure.

Le soir venu, il se dirige un peu anxieux vers le lieu de son rendez – vous. A peine arrivé, il a affaire à un gentilhomme en uniforme, affublé d’une épée et chevauchant un pur sang de belle lignée .

« Francos pour vous servir. C’est à moi que vous devez des comptes étranger. Comme convenu, vous avez les choix des armes. J’espère que nous n’êtes point couard et que vous ne vous enfuirez pas »

« Que nenni répond Tristan, comme vous me le proposez si courtoisement, n’ayant aucune notion de l’art de l’épée, je vous défie à la course à cheval (Chwall) »

« Accordé, toutefois sachez que les courses de chevaux sont interdites et que nous risquons les foudres des mousquetaires du Cardinal »

Francos n’est pas venu seul, il est accompagné d’un autre personnage en uniforme.

« Je me présente, Doumos, je suis un ami de Francos et je ferai office d’arbitre. Ne craignez rien de moi, nous sommes des gens d’honneur »

Nos adversaires se mettent en place et démarrent pour trois  tours des douves ;au signal de Doumos.

A peine ont ils parcouru deux tours, que déjà, surgissent cinq mousquetaires du cardinal qui prennent en chasse les duellistes.

Francos et Doumos distancent facilement les mousquetaires. Tristan, malheureusement, avec son ardennais, perd rapidement du terrain et se voit bientôt cerné.

« C’en est fini se dit –il  quand, il se voit aidé par cinq cavaliers parmi lesquels il reconnaît Doumos et Francos.

L’échange ne dure que quelques minutes et les mousquetaires du cardinal sont rapidement mis à mal et doivent s’enfuir sans demander leur reste (NDLR : ça ne veut pas dire qu’ils n’ont pas fini de manger mais, tout simplement, qu’ils s’avouent vaincus)

« Nous ne pouvions vous laisser en si mauvaise posture et cela à cause de nous.

Je me présente : Wartagnan et voici Krappos et Philis. Nous sommes mousquetaires du roi et si cela vous sied, vous pouvez intégrer notre groupe, nous sommes en effet à la recherche de fins cavaliers.

Si Philis est d’accord, il vous donnera les derniers rudiments de conduite l’épée à la main. »

« C’est beaucoup d’honneur que vous me faites mes seigneurs, j’espère en être digne. J’accepte volontiers de côtoyer si fier équipage »

« Un pour tous, tous pour un ! » s’exclament alors les six nouveaux amis qu’on appellera à tord les cinq mousquetaires alors qu’ils étaient six.

Commence alors pour Tristan, mousquetaire du roi, une nouvelle vie, trépidante, semée de duels, escarmouches avec les mousquetaires du cardinal, voyages, ripailles etc…

En ces temps de renaissance et au début du 17ème, les épouses autant que les humeurs, sont volages.

Anne d’Autriche n’échappe pas à la règle, qui, épouse de Louis XIII, fricote un peu avec l’Anglais Georges Villiers Duc de Buckingham ( un nom à aimer la moto !).

Pour les moralistes, sachez que Louis XIII avait, lui aussi la baguette baladeuse (NDLR : il n’y a pas de  « r » à baguette !) et que son mariage avec Anne n’était motivé que par la seule raison d’état.

Anne qui se pâme d’amour pour son  rosbif, se sépare d’une rivière de diamant, un cadeau royal pourtant,  qu’elle donne à son amant, momentanément  dans le besoin.(NDLR : non il n’est pas aux toilettes, il a juste des problèmes de liquidités)

Louis, à qui Richelieu a fait des insinuations et naître des soupçons, tient à prouver à son cher cardinal qu’il n’a rien d’une bête à cornes. Il décide d’organiser sous quinzaine, un grand bal à l’occasion duquel Anne d’Autriche portera son magnifique collier.

Branle bas (NDLR : ça suffit  maintenant !!) de combat, panique générale dans l’entourage de la reine qui finit par mettre son destin dans les mains des six mousquetaires qu’elle sait entièrement dévoués à sa personne.

Il faut dire qu’elle a fait un bon choix car, en plus d’être de fines lames ; même Tristan, grâce aux leçons de Philis, les mousquetaires sont des cavaliers hors pairs (NDLR : ça ne veut pas dire qu’ils ont eunuques mais qu’ils sont des cavaliers exceptionnels.)

Les quelques mille kilomètres à chevaucher ne les effraient guère, pas plus que le peuple de la perfide Albion qui en plus, a la particularité d’utiliser la partie gauche des chemins pour circuler

C’est une course contre  le cadran solaire qui se joue alors.

Chevauchant sans arrêt et bénéficiant de complicités pour traverser la Manche, les six amis arrivent sans encombre à récupérer les collier de la reine et  à regagner le territoire de France.

Mais, c’est sans compter avec le fourbe cardinal qui ayant eu vent (NDLR : Non !!) de l’affaire par une traîtresse servante de la reine, leur fait tendre un piège par ses mousquetaires, à l’approche de CHAMBORD.

Les mousquetaires du cardinal ont mis le paquet. Ils ne sont pas moins de trente, en embuscade, à attendre nos compères qui sont pile poil dans les temps. En effet, le bal à lieu ce samedi  de juin 1628 à 19 heures et il est déjà 16 heures 43. (Les réservations avaient été faites dès le 6 janvier avec paiement d’avance)

L’affrontement est rude et à chaque instant les mousquetaires du cardinal sont sur le point mettre à mal Tristan et ses amis.

L’heure avance et il est déjà 18 heures 47 ! Dans un dernier sursaut, Tristan et Wartagnan s’extraient de la mêlée,laissant leurs quatre compagnons seuls pour contenir l’assaut des mousquetaires du cardinal.

Ils foncent à bride abattue vers le château.

Soudain un frisson leur parcourt le dos ; le cadran solaire indique 19 heures 1 minute et l’entré de la salle de balle est gardée par deux mousquetaires du cardinal.

Anne d’Autriche fait tout ce qu’elle peut pour retarder au maximum son entrée. Poussée par le cardinal qui jouit déjà de son effet (NDLR : Non et Non !!) elle est contrainte de s’avancer dans la salle de galas, sans son collier.

Il est 19 heures 3, Wartagnan s’attaque aux gardes du Cardinal et ordonne à Tristan de foncer pour remettre le collier à la reine. Ce dernier s’exécute (NDLR ; Non, il ne se suicide pas !).

Bousculant tout le monde, il arrive au niveau de sa majesté et lui fait signe.

Cette dernière, feignant une envie pressante regagne son cabinet privé où Tristan peut, enfin, lui remettre son collier.

Reconnaissante, elle lui dit alors :

« je tiens à vous remercier noble chevalier, je sais une propriété dans le comté de Fleckenstein, dans l’Est de notre belle Lotharingie, qui vous siérait bien. Laissez moi faire le nécessaire pour la faire vôtre. Mais maintenant dépêchons, Louis attend »

Ainsi, aussi surpris que le cardinal rouge, le roi put il démontrer à ce couard que s’il portait des cornes, il les portait bien et sans publicité.

Tristan et Wartagnan s’en retournèrent alors rejoindre leurs frères d’arme pour mettre la pâtée aux mousquetaires du cardinal qui soit dit en passant, l’avaient bien méritée.

Ça continue la prochaine fois…..

S2t13