CHAPITRE 13

La comédia des pastas

C’est ainsi que, flanqué de ses cinq compères, montés sur des purs -  sang (sauf Warkagébövkarrott) répondant aux doux noms de Ural, Jupiter, Dniepr, Tulamashzavod  et Vjatka, Tristan reprend son chemin vers l’Ouest, un samedi matin vers 10 heures 12.

Dans ce pays très vaste, il faut marcher longtemps pour aller loin et plus on galope moins vite moins on avance plus doucement.

A cette époque de l’année, le brouillard est fréquent. A l’approche de Savernovscou, le groupe se sépare, bien involontairement, après un arrêt technique pour les chevaux.

Le fog, à couper au couteau, celui qui mouille bien comme il faut, en vous faisant frissonner des lombaires aux cervicales et réduisant la partie la plus noble de l’Homme à un embryon d’asperge, n’arrange rien.

Le groupe de tête emmené par Krappovskaïa  (qui avait prévu une journée magnifique, un grand beau temps !!!!!!) suivi par Tristan et  Philousovniet  prend une certaine avance sur le groupe emmené par Dominovskilyétsine et composé de Warkagébövkarrot et Francescovitch .

Heureusement, tous, sauf certains, savent où ils doivent se retrouver; dans un musée du cheval (chwall)  où un certain Alsakovspoon les attend, pour leur présenter une collection de chevaux (pluriel de chwall) empaillés.

Le premier groupe, pourtant parti très vite, arrive lamentablement avec une demie journée de retard sur les autres qui ménageant leurs montures pour aller loin, arrivent à point pour la première visite.(Hé ouais , c'est pas toujours la même histoire et avec le temps , des fois on a du mal à se rappeler la vraie version...)

Dans des écuries reconstituées, ils découvrent des chevaux de différents pays avec ou sans selle ( histoire de régime paraît – il), des réplicas, des courses, des de trait, de labours, des aux yeux bridés, brefs un régal pour les amateurs. Il y a aussi des carrioles  dont un tout premier modèle expérimental  de la Troïka à propulsion, inventée par Krappovskaïa, ce dont il n’est pas peu fier.

Cette journée pleine de nostalgie se poursuit après une halte, dans une auberge locale, sur les chemins sinueux  de la plaine d’Ukraine. La viande cuite sous la selle de cavaliers Chti , des "Heins !!!", n'est pas appréciée par tous; certain trouve qu'elle est trop cuite. Cela doit être du au fait que les cavaliers adorent chevaucher et que parfois, ils en oublient les impératifs de la cuisine....

Le soir, ils font étape chez un lointain  cousin de Buffalo et de Boulet (merci Philou), un certain Tcherno, un mec assez électrique qui a surnommé son auberge « la centrale » . Ses repas sont assez lumineux   et donnent une idée de la cuisine de l’avenir. Ils dégustent, en outre, une goulasch dont la recette vient d’un archipel lointain dont c’est la spécialité (NDLR : spéciale pour Doumé).

Dominovskilyétsine en profite pour affiner une recette de tarte au fromage de Yack dont il laissera le secret à Tcherno.

Au petit matin, les œufs brouillés, nos amis repartent pour amener Tristan aux portes de l’empire Austro -  Hongrois . Leur petite escapade les a menés loin de leur base et ils doivent s’en retourner. Grâce au calendrier Krappaïen, ils seront de retour le même mois.

Nous sommes à la mi août  de l’an 1515.

Tristan qui ne souhaite pas passer par Grauenwolf, tourne à gauche, vers le Sud. Il se dit que là bas, le temps est plus agréable et qu’il pourra aussi voir en vrai, les belles montures de Mandello qu’ il a vues au musée d’Alsakovspoon.

Pendant la traversée  des Alpes il visite un   pays où les gens parlent avec un accent traînant et se sont spécialisés dans la fabrication de chocolat, de fromage à trous et de cadrans solaires de précision. Ils ont également une recette à base de fromage de vache qu’ils appellent le petit Helvète.

Quand ils sont bien atteint par l’alcool de cerise, ils jouent à un drôle de jeu qui consiste à  transpercer  avec une flèche, une pomme placée sur la tête d’un enfant. Une telle connerie ne nous serait pas venue à l'esprit, n'est ce pas Wilhelm ?

Tristan est impressionné par la propreté de cette contrée. Les cailloux des chemins sont astiqués et il n’y a pas le moindre bout de papier dans les rues. (Maintenant, ils n’ont aucun mérite, car ça n’existe pas encore).

Le mercredi 12 septembre, il arrive en Italie.

C’est un pays en guerre qu’il découvre. En effet, un certain Francesco Primo, surnommé François au grand nez, est en train de mettre un terme à un 5ème conflit débuté en 1494 par un aïeul Charly.

Francesco met la pâtée aux Italiens les 13 et 14, juste pour l'apéro,  à Marignan ( rien à voir avec l’aéroport, en plus y’a pas encore d’avion !).

Les Italiens se vengeront de Francesco et sur sa descendance, plusieurs siècles plus tard, en nous envahissant de pâtes . La femme du fillaud de Francesco, une certaine brune, Carla qui, se teint en blond, sans pourtant le mériter, régalera pendant de nombreuses années une bande d’allumés, de ses délicieuses préparations, mais, n’anticipons pas, nous sommes encore loin du siècle des lumières ……… !!!

Comme l’ambiance lui plaît bien, Tristan décide de rester une paire de guerres supplémentaires et s’installe en Italie jusqu’en 1559, fin de la 11ème guerre d’Italie. Il doit en effet entrer ensuite, en France pour ne pas rater la première guerre de religion…….ce serait trop bête de passer à côté d' un épisode de l’histoire de France qui nous rend si fier de notre tolérance, et nous autorise, aujourd’hui,  à donner des leçons de morale au Monde entier....

Pendant son séjour en Italie, il profite de la robustesse de sa monture pour descendre jusque sur une ïle en bas de la botte.

Lors d’une pause à Pise (Pôzapiz), où il est allé par erreur, pensant y trouver le pizzaïollo Tano; fatigué, il attache son cheval (chwall) à une superbe tour en marbre, de belle qualité, histoire d’aller dérouler le boa.

Son fidèle destrier qui pense que son maître l’abandonne, tire tout ce qu’il peut sur sa corde, finit par la casser …… malheureusement en se libérant, il déstabilise la tour du côté où les maçons ont un peu économisé sur le ciment, dans les fondations, histoire d’avoir un peu de monnaie, pour parier sur des courses de chevaux. Se rendant compte qu’il faudra du temps, aux habitants du patelin, pour comprendre que ce léger inconvénient deviendra l' un des principaux atouts touristiques locaux , il quitte les lieux sans demander son reste. D’ailleurs, il fait bien ; comme il n’avait assouvi qu’un besoin naturel, il n’y avait rien à emmener.

Arrivé sur l’île qu’il appellera longtemps « Cécilia », avant de comprendre que c’est le petit accent des gens du cru qui est trompeur, il sympathise bientôt, avec un organisateur de courses clandestines de chevaux, un certain Don Tiercéléone.

Au début, il ne comprend pas très bien pourquoi ce personnage tient absolument à ce qu’il l’appelle « Parrain » alors qu’il n’a pas été baptisé ……

Les courses ont lieu à la tombée de la nuit sur les artères principales de Caltanissetta, au nez et à la barbe de la milice locale. (Il paraît que le chef de la milice locale touchait des tonneaux de vins pour fermer un œil la dessus. Il y a des médisants partout !!!)

"Je te présenterai un jour mes meilleurs cavaliers" lui promet le  Parrain.

Le vendredi 17 mars, vers 19 heures 48, Tiercéléone appelle Tristan, « Viens petit, ils sont venu, il sont tous là,  pour acclamer le papa, le parrain !! »

En effet, voici venue la fine fleur équestre de la botte : Philippo Mussi sur son pur sang Anglais, Doménico Tricoti sur son  fier destrier de Mandello,  Luciano Krappa sur son étalon du Massif Central, Francesco Rosselli sur son éclair nippon et Warpomino sur son pataud  et rustique trait germain.

« Les règles du jeu sont simples, explique Tiercéléone, et c'est moi qui les ai faites. Tu mises sur celui que tu penses voir gagner. Si c’est la cas, en fonction de la cote de ton préféré tu peux emporter beaucoup de pièces d’or, dont bien sûr tu donneras 75 % au parrain pour ses frais d’organisation. Si tu perds il faudra aussi payer. Et ici, celui qui paye ses dettes enrichit le parrain, ce qui est fort bien vu; sinon ….. Les règles du jeu peuvent changer, à l’issue de la course, si le parrain le veut ou, pendant, aussi…

Dans la clandestinité la plus complète, devant deux milles parieurs invisibles de la milice, le départ de la course est donné.

La vingtaine de cavaliers dont nos cinq amis s’élance dans une course où tous les coups sont permis. Warpomino qui a des difficultés à suivre dans le sinueux  se maintient tant bien que mal à une honorable cinquième position, loin devant le reste de la meute, Philippo fait les intérieurs, Domenico ferme les portes ,Luciano fait les extérieurs et Francisco fend la route. Ils  dominent la course de bout en bout et arrivent an même temps sur la ligne d’arrivée sans que rien ne puisse les départager.

« C’est Luciano qui a gagné !! » décrète Tiercéléone

Devant l’étonnement des autres ex - aequo, il précise que c’est normal et légitime parce qu’il avait parié sur lui et que le nouveau règlement qui est encore au secrétariat stipule  : «  en cas d’égalité, c’est le concurrent le plus italien qui est déclaré vainqueur. »

Le pôvre Tristan qui avait parié sur Warpomino doit s’enfuir, tant il lui est impossible de trouver les sommes nécessaires au paiement de ce qu’il vient de perdre….

"C’est décidé, je retourne vers le royaume de France" se dit il.

Il décide d'embarquer sur un rafiot amarré sur le port de Cédalu.

« Ça c’est pas bon, hein !! » lui envoie Capitano Krappi, maître du bord, « quand on a Tiercéléone  au cul c’est pire que d' avoir la peau lisse aux fesses. Si tu veux embarquer il faudra s’acquitter d’un droit de passage. Comme je sais que tu t’es ruiné, ton cheval (chwall) fera l’affaire".

Etonné par tant de coïncidences, Tristan parle de la rencontre qu’il a faite, avec un certain Captain Krapps, lors de son périple au Moyen Orient.

« Ma Qué ! tu connais mon aïeul, le célèbre inventeur de la propulsion hélicoïdale ! Monte mon gars , pour toi, c’est gratis ; mais il faut faire fissa car j’ai fait prévenir les hommes de main de Tiercéléone. Je pouvais pas savoir !!!!! La prime mise sur ta tête en laisse plus d’un rêveur et comme je ne dors pas beaucoup ….Tu m’en veux pas dis ?! »

Capitano Krappi, grâce aux améliorations que’il a apportées au système mis au point par son parent ( doublement de l’arbre à hélices, utilisation de cordes plus fines, plus longues et plus résistantes ) et aussi à une bonne maîtrise de l’engin, parvient à rejoindre la pleine mer avant l’arrivée des poursuivants de Tristan.

« Ma fieux ! on l’a échappé pelle » s’exclame d'il, après avoir perdu une dent en se cognant au bastingage au moment de l’accélération. En effet selon la formule de la force hélicoïdokrappienne M+V (Mouvement et Vitesse) = rendement, la force engendrée est tellement « brutale » qu'en une fraction de seconde, on perd la notion de l’équilibre….(NDLR : celle là elle est pour qui la veut !!!)

To be continued zum Gottes Will