CHAPITRE 7

Le retour en terre de France

Nous sommes toujours en 1132, en ce mardi matin d’automne. Il est désormais 10 heures 38. Le captain Krapps qui a aperçu nos trois héros sur les quais, se prend les pieds dans le cordage de l’arbre de la pièce hélicoïdale, qui cède ……

Le Majesté des Mers fait alors un bond en avant, la proue en l’air et vient lamentablement s’échouer sur la plage.

« Ça c’est pas bon , Hein !!! ».

Il n’y a heureusement pas de dégâts. Après les retrouvailles, le navire fait le plein d’huile d’olive, de la 10/50 pressée à froid avec les pieds par les  fatmas de plus de 50 ans. Ça ne change rien à la qualité de l’huile mais c’est une tradition et c’est comme ça.

Captain KRAPPS a ajouté ce commerce à ses affaires afin d’arrondir ses fins de mois. Cette huile encore peu répandue au Nord de la Méditerranée sert pour l’instant à huiler les moyeux des charrettes. Il amène sa cargaison jusqu’à Massilia et là, c’est un transporteur qui va de ville en ville pour approvisionner les clients.

Au bout de trois jours de traversée, et d’autant de bringues à bord, le bateau arrive sur les côtes de France.

Bien qu’ayant tout fait, pour repousser le moment de la séparation, nos compères sont bien obligés de passer par cette triste cérémonie et se quittent en se promettant de se retrouver un jour.

Les comtes de Rüchlingen et de Roswel prennent la direction de Lugdunum pour rentrer en Lotharingie, le captain Krapps doit ré- appareiller, une dernière fois pour amener son bateau en Armorique. Tristan lui, tourne à gauche en direction des Pyrénées.

Avant de prendre la mer, Captain Krapps, va livrer sa cargaison d’huile d’olive chez son distributeur, la maison Mousseur dont le patron est un certain Philou.

Ce dernier, d’origine Wisigoth, s’est installé en France pour y créer une compagnie de transport de marchandises diverses. Il dispose d’une flotte d’une dizaine de chariots et charrettes qui sillonnent la France et parfois les pays limitrophes quand y’a pas la guerre.

C’est dommage que Tristan, Domenico et Francesco ne l’aient pas rencontré car ils auraient pu partager leur passion pour les courses de chevaux et les longues randonnées.

Philou le Mousseur est en effet, cavalier de course  privé et participe à ce titre aux tournois organisés en France et en Navarre.

Fin compétiteur, il ne dispose malheureusement pas, comme certains écuyers de grandes écuries tels Michel  Volée de Bois, Barry Labrocante, Phil Lelecteur, Mino ou Jim Lhommerouge de montures de premières main ou provenant de Haras prestigieux .

Il doit souvent se contenter de sangs impurs ou de chevaux sur le retour.

Son arme à lui, c’est le planté   d’éperon ….. et une position très particulière qui lui permet de faire des extérieurs à ses adversaires même aux portiers. Il n’empêche qu’avec ses faibles moyens, il arrive souvent aux places d’honneur.

Son coursier préféré, il l’a appelé Nordthon en souvenir d’une caisse de Thon du Nord que lui avait offert le Captain Krapps. Les anglicismes étant à la mode, il a transformé cette appellation, peu flatteuse au départ. (NDLR : prononcer NORDTÔNN)

Il s’est lié d’amitié avec des cavaliers de son rang ; Christian Gentilhomme, Hubert Galerie, Jean Luc Tôtdebout, Jacques Couché….

Le Mousseur rêve de créer une écurie pour s’aligner au Trophée des Touristes, sur la piste des Rébus, de la Pierre d’Argent, aux 24 h des Bouchons, de la province du Maine etc…

Tristan ne connaît pas  Philou le Mousseur. Pourtant ils feront bientôt connaissance..

Notre héros, maintenant seul, mais rompu à l’art de la cavalerie, de la guerre et du système D prend la direction des Corbières. Il a entendu parler de cette région par Jack Le Molley qui ne tarissait pas d’éloges à l’égard de la piété de ses habitants.

Arrivé près de Carcassonne, il tombe de cheval et se blesse à la cheville gauche. Incapable de remonter sur sa monture, il voit avec anxiété le jour qui décline sur cette région réputée pour ses loups et autres vagabonds dont le métier est de détrousser les voyageurs. Implorant tous les saints qu’il connaît ; Glinglin, Nitouche, Gamelle, Emillion, Nectaire, Avold, il aperçoit soudain dans la pénombre, auréolée d’une brume légère, une jeune femme qui lui dit :

  « Je suis la sorcière Temoicka, tu n’as rien à craindre de moi. J’ai été choisie parmi mes consœurs pour veiller sur toi et te révéler un peu de ton destin. Ta blessure n’est qu’un subterfuge pour t’aborder. D’ailleurs, tu n’as plus mal maintenant. Tu es un highlander et ton destin est lié à un groupe de personnes dont je ne peux te révéler l’identité. Il te faudra traverser les siècles pour enfin les rencontrer. Ne commets pas d’erreur , ton parcours sera semé d’embûches et bien que mes pouvoirs soient immenses, il se peut que cette échéance n’ait pas la saveur  attendue. Maintenant poursuit ta route, va chez BMW où tu trouveras réconfort , gîte et couvert…

« Mais, c’est où et quoi BMW ? » S’inquiète Tristan

« Suis ton chemin, le bons sens te guidera, pour le plaisir de chevaucher…. »

Tristan est abasourdi, il se demande s’il a rêvé et pourtant, sa cheville ne lui fait plus mal. Il pense que la douleur l’a fait délirer et que cette apparition n’est que le pur fruit de son imagination débordée.

Il remonte à cheval et poursuit son chemin.

Soudain ! à la croisée d’un chemin, un panneau indique la direction de BMW.

Il s’engage alors dans cette direction ne sachant trop où ça va le mener….

A suivre