Ça peut paraître bizarre d'évoquer un artiste,  sur un blog censé parler de motos et des motosapiens; cependant j'aimerais évoquer un chanteur français, mon auteur, compositeur et interprète français préféré en la personne de Michel CORRINGE.

Il a bercé mon adolescence et mon avidité de Liberté dont il chantait si bien les saveurs.J'ai encore dans la tête cette "route " que j'écoutais en roulant avec ma R 50 sur les sinueuses du pays de Bitche. Tout d'un coup, tout prenait un autre sens, ou tout simplement un sens .

Il n'aurait pas dépareillé dans le monde des motards. D'ailleurs nombreux sont ceux qui lui rendent hommage aujourd'hui, pour avoir réussi à mettre de la musique et des paroles sur des idéaux développés en 68 et des valeurs que notre communauté à deux roues, revendique.

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Michel Corringe  est né le 2 août 1946 à Tunis. Arrivé en France en 1958 dans la région de Montluçon, il enregistre en 1968 les deux  chanson qui le feront  connaître : « La route » (300 000 exemplaires vendus) et les Saintes Marie ( titres que l'on trouve sur son premier LP). Viendront ensuite plusieurs 45 tours et albums jusqu'en 1982. Routard, bourlingueur, émule déclaré des beatniks et en particulier de Jack Kerouac (qui lui inspire certaines chansons), il est, tour à tour, bûcheron, garagiste, restaurateur, décorateur… Il rappelle, par ce côté vagabond volontaire, Neil Young , Cat Stevens et Bob Dylan.

En 1982 parait "Aldebaran", un bel album dans lequel il semble avoir trouvé une certaine sérénité après la tempête rock de son album précédent, "J'ai peur, j'ai mal, mais je t'aime" (1979). Au Printemps de Bourges où il chante en 1984, il passe la main et quitte le monde de la chanson, tout en continuant à écrire. Il sortira « Phénix », son ultime et seul CD 14 ans plus tard, en 1998. Cet album, enregistré à Brest, est composé en grande partie de réenregistrements de ses propres chansons (principe qu'il affectionne et applique tout au long de sa carrière) et de quelques créations.

Il a vécu dans la région de Lyon où il avait (et a toujours) un public fidèle, notamment à Saint-Étienne, puis en Bretagne, sur la côte nord du Finistère, à PLOUGUERNAU, les dernières années de sa vie. Il semble qu'il ait détruit les originaux de ses premiers enregistrements.

Peu soutenu par les grands médias (à part Michel Lancelot et Jean-Louis Foulquier), usé par l'alcool et la maladie, Michel Corringe est mort le 2 octobre 2001, dans l'oubli à Lorette près de Saint-Étienne. Il a été incinéré puis enterré près de sa mère dans le village natal de celle-ci, Charolles en Saône-et-Loire.

Corringe incarnait dans les années 1970 les idéaux d'une génération marquée par les beatniks des années 1960 et les années dites « soixante-huitardes » : la quête des libertés, le refus des valeurs établies et la dénonciation des injustices.

C'est cette injustice qui  lui a probablement valu son oubli médiatique à partir du milieu des années 1980.

J'ai bien sûr tous ses disques que je peux prêter à qui me le demandera. Il y a un autre fan dans notre entourage, Jean Marie, et je me demande même, si ce n'est pas lui qui me l'a fait découvrir un mercredi de novembre 1968...

Quand on voit ce qu'on nous propose aujourd'hui, on peut se demander en effet, pourquoi Michel n'a pas fait la carrière qu'il méritait.

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Michel au début de sa courte carrière

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Michel en 1998 alors qu'il tenait un troquet à PLOUGUERNAU dans le Finistère Nord