Quand, fin 1953, ma mère posa , pour une photo,  mes fesses de bébé, sur la selle de la 125 P55 TC Peugeot de mon père , elle ne pouvait en imaginer les conséquences et penser qu'elle venait de m'inoculer un virus sans traitement.

1953

Fin 1953; un événement avec des conséquences sans fin ......

Il faut dire qu'à l'époque, je baignais dans une atmosphère particulière où le bruit des moteurs de motos  me servait de berceuse. Mon grand père maternel, motard dans l'âme, possédait un atelier où il réparait et entretenait, après ses heures de travail, les motos du secteur où il avait une solide réputation de mécano hors pair ( le Krappy de l'époque).

Notre seul moyen de locomotion était donc cette 125 Peugeot  et je me suis bien souvent, retrouvé assis sur le réservoir, face à la route, pour des ballades à 70 km/h.

Plus tard, alors que j'habitais ma chère Normandie, et que j'allais en  vacances chez mes grands parents dans les Ardennes, je passais des heures dans ce lieu magique qu'était l'atelier du grand - père, où se côtoyaient des 125 peugeot de différents modèles, une 256 TC4, une 500 RGST Terrot, des 125 et 175 Motobécane, une 200 Monet Goyon, une 250 Magnat Debon, une Jonghi,  et autre Gnome et Rhône. Dans cette caverne d'Ali baba,  sous des tonnes de pièces détachées se cachait de temps à autre des jouets en tôle emboutie. Que de souvenirs !

Ma première expérience deux roues fut une catastrophe. Pour mes 14 ans, mon père avait trouvé une 50 VAP à trois vitesses... Je fis 50 mètres avec. En faisant demi tour dans notre rue, les gaz à fond, je percutai le trottoir. La pauvre mobylette y perdit une roue, une pédale et le réservoir. Quant à moi, je m'en sortis avec quelques bosses et la garantie de mon père que plus jamais, il ne me remettrai sur une mob......

En 1968, je débarquai à FORBACH avec une 49,9 BB Peugeot. J'habitais à l'époque chez mon oncle Marcel, qui tenait l'hôtel National et avait la particularité d'être le président du moto club local.

A plusieurs reprises, je vis une quinzaine de mecs assister à des réunions où il était question de motos, de moto cross...

En tant que neveu du président, je pouvais m'asseoir à cette table autour de laquelle il y avait un SCHUMMER, un KLAESS, un LELONG, un MARCHASSECK, un Nounours (!), un KRELL, un FLORENTIN, un ELOY, un CAGNAN, un KNEIPP etc.

Devant la porte de l'hôtel, des Norton, Triumph, NSU, BMW, SUNBEAM qui cédèrent la place par la suite à des japonaises... mais c'est une autre histoire.

Cet environnement particulier, les nombreux déplacements pour suivre Arno KNEIPP qui courrait sous les couleurs du club pour le championnat de Lorraine de moto - cross, qu'il remporta plusieurs fois d'ailleurs, fit que les bricolages incessant sur la BB Peugeot ne la rendait plus assez puissante et que la nécessité de passer le sacro saint permis "A " se tenait là comme un incontournable.

Fin 1969, muni du papier rose, il fallu se rendre à l'évidence que l'achat d'une moto n'était pas à l'ordre du jour. Alors, je fit revivre le moteur de la vieille 125 Peugeot de mon père qui avait atterri dans un garage à STIRING, je ne sais comment.

Pendant plus d'un an, elle nous emmena mon cousin et moi, sur les routes de Lorraine et nous permit de faire nos premières armes.

Quelle émotion, quand parfois, en croisant une moto, son pilote nous faisait un signe de la main. Ouais, ça y'était, on faisait partie de cette grande confrérie des motards. Quand j'y pense j'en ai encore des frissons.

La 125 Peugeot, cracha ses poumons sur le tracé de moto cross du Kaninchenberg à FORBACH en mai 1971. Elle repose depuis, enterrée à l'ombre des épicéas, à SOUCHT.

Un mois plus tard, arrivait ma première vraie moto; une 500 BMW, flambant neuve, gris polaris achetée à SARREBRUCK...

Et là ce fut le début de quelquechose.....

To be continued; but just if You want it....