Stan

C'est un sport très difficile que de parler de personnes dont beaucoup veulent s'attribuer, et à juste titre, l'exclusivité de la mémoire, non pas par égoïsme, mais parce cette dernière a laissé un tel vide pour tous et une telle impression d'inachevé....

Stan, c'était d'abord mon voisin à STIRING, un pote de lycée avec qui, assis au fond de la classe je passais des heures à discuter moto pendant que les profs faisaient de vains efforts pour nous inculquer les tics  de Spinoza, nous persuader de la richesse de la géographie, de l'histoire du monde; de la physique dont les seules applications qui nous intéressaient, étaient le coefficient de pénétration d'un carénage et l'expression à la roue arrière, de la puissance d'un moteur à explosion.

Tous les jours pendant 4 ans, à pied ou à moto, nous avons fais ensembles, le chemin du bahut avec une halte obligatoire chez Erhminger puis au Relais où là, tous les acquis de la journée s'envolaient.

Peu de temps, après que j'ai achetée ma première Béhème, il investissait dans une 3 et demi Honda qui à l'occasion d'un tout droit dans les champs se transforma en café racer jaune...

Avant

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Après la visite aux champs ...

Avons  nous eu raison de l'aider à acheter sa 4 pattes lors de la vente aux enchères ? D'une façon ou d'une autre, il avait décidé d'en acheter une; et la couleur, ou la provenance, n'auraient pas changé le destin.

Stan, c'était la joie de vivre, l'insouciance de notre jeunesse et l'envie de tout bouffer, vite. Peut être avait -il pressenti qu'il n'avait pas autant de temps que les autres pour jouir de ces instants de bonheur éphémères.

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Saaristeff dans ses oeuvres

C'était le pote à tout le monde, un perfectionniste dans la recherche de la trajectoire, un boute en train avec un grand coeur.

Chaque fois que je passe dans le grand droit d'Oeting qui lui a manqué de respect, instinctivement je coupe les gaz.

De là haut, avec Danny, Henri et Saarinen, son idole de l'époque, il doit bien se marrer quand, après s'être tiré une bourre sur les pistes éternelles ils nous voit gigoter en bas et s'astiquer comme à la meilleur époque. Rien que pour lui, ça valait le coup d'en remettre une couche.

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